Le 12 août 2026, j’ai fait une erreur de débutant. Mais je n’en ai réalisé la gravité qu’aujourd’hui, le 6 novembre 2026, presque trois mois plus tard.

Internet peut être cruel, parfois… C’est comme un beau feu. Des fois, on se brûle.

Voici l’histoire. En 2024, j’ai acheté le domaine https://learninganxiety.com comme réservation pour mon livre, Overcoming Learning Anxiety. Je me disais que le jour où je ferais mon grand coup, ce domaine communiquerait grand. Il était court, il avait du punch, et il était aussi propre qu’ils viennent. Un domaine à un million de dollars, comme j’aime les appeler.

Eh bien, peux-tu croire que j’ai laissé ce domaine expirer, volontairement? Je dois me retenir de me prendre la tête dans les mains en écrivant ça. Quelle ignorance de ma part! Je l’avais! Je l’ai laissé aller! Et pour quoi!

(Respirations profondes)

Voici ce que j’ai appris en dégringolant chacune des étapes.

  1. Quand ton domaine expire, il y a une période de grâce de 7 jours pour le récupérer (du moins chez Namecheap, où j’étais enregistré). Ça peut te coûter plus cher, mais tu ne le perds pas.
  2. Si tu laisses passer la période de grâce, ton domaine est mis en attente de suppression. Ça dure environ 2 mois pendant lesquels tu ne peux rien faire d’autre qu’attendre.
  3. Cinq jours avant la suppression prévue, le domaine est listé sur des sites comme https://dropcatch.com qui te permettent de miser pour que leur système tente de le « sniper » à ta place. Ça coûte 60 USD si le snipe réussit, en plus des frais d’enregistrement.
    • J’étais trop cheap pour essayer. Je pensais que mon domaine n’était pas assez connu pour intéresser qui que ce soit (je grimace quand j’y repense). Je me disais que je faisais une bonne affaire en ne misant pas, pour garder mon domaine le plus discret possible. J’espérais l’avoir à bas prix et partir vers le coucher du soleil.
    • J’ai appris plus tard que ces systèmes ne sont de toute façon pas vraiment fiables, donc je ne regrette pas trop. Mais quand même, j’aurais pu essayer davantage quand il était encore temps, doh!
  4. Ensuite, à un moment aléatoire, le domaine est libéré. Le premier qui le prend gagne!

Et donc, ce matin, je rafraîchis whois.com pour voir si mon domaine est prêt à être acheté.

Et j’apprends qu’il a été enregistré la veille.

Par quelqu’un en Arizona. Chez GoDaddy, en plus.

Il était difficile de me concentrer sur mes tâches après avoir réalisé ça. Mon domaine était parti. felix@learninganxiety.com, qui apparaissait dans les premières versions de mon livre en anglais, ne serait plus jamais à moi. Quelqu’un allait recevoir mes courriels (pas beaucoup, mais quand même).

Comment ai-je pu être aussi bête? Difficile de tenir ces questions à distance. Ça faisait longtemps que je n’avais pas ressenti autant de colère envers moi-même. J’avais une belle chose et je l’ai laissée aller. Et je dois vivre comme si je ne la retrouverais jamais. Parce que je n’ai pas les moyens de payer pour un domaine stationné.

Alors j’ai appelé mon ami Benoit pour m’aider à me calmer, ce qu’il a fait. Je voulais qu’il me rassure: je n’avais pas jeté le projet de ma vie à la poubelle juste pour économiser 20 $.

« C’est plate, mais c’est pas un vrai problème. Achètes-en un autre, comme https://learning-anxiety.com. Est-ce qu’il est encore disponible? »

Oui, il l’était. Et je le savais. Quand je reluquais mon ancien domaine chez les registraires, celui-là me faisait de l’œil, comme « Hé! Je suis là! Tu ne me veux pas? »

J’étais fermé d’esprit. Je ne voulais pas que les gens aient à dire « learning tiret anxiety point com » ou « learning moins anxiety point com ». J’avais peur qu’ils aboutissent au mauvais endroit, comme « learningdashanxiety.com » et « learningminusanxiety.com ».

Mais en même temps… déniaise Félix, veux-tu perdre ton plan B? Achète! ACHÈTE!!

Eh bien, j’ai learning-anxiety.com maintenant. Je suppose que je vais bientôt découvrir ce que les gens comprennent quand je dis « va simplement sur learning moins anxiety point com ». Avec un peu de chance, ils vont faire le lien.

Il y a quand même un côté positif, une belle histoire qui fonctionne de façon symbolique.

Avant, j’avais de l’anxiété d’apprentissage. En fait, j’avais https://learninganxiety.com

Maintenant, j’apprends sans anxiété. C’est-à-dire que mon apprentissage, c’est ce qui reste quand on enlève l’anxiété. Et donc j’ai https://learning-anxiety.com

Il y a même un élément visuel que j’ai aimé. Ma « marque » n’est plus parfaite. J’ai fait des erreurs, et je peux le prouver. Il y a un tiret dans mon domaine, parce que la version originale est morte. Elle ne reviendra jamais.

J’ai https://learning-anxiety.com. On avance. Inutile de ressasser le passé.

N’oublie pas: apprendre, c’est changer.

Et en plus, comme on me l’a dit hier au CISO Open Mic, changer, c’est apprendre.

(Voici d’ailleurs ce que j’ai dit ce jour-là: https://www.youtube.com/watch?v=v0dfnIhkHys, version française: https://www.youtube.com/watch?v=F4nuvtzbbTM)