Quelle année!

Trente-cinq livres. C’est moins que l’année précédente (40), mais ce nombre à lui seul ne saurait résumer cette année folle que je viens de vivre. Voici quelques points forts de 2025:

  • J’ai rejoint l’équipe d’Alloprof en tant que Scrum Master. Je m’éloigne du développement logiciel pour m’approcher du coaching, ce qui est aligné avec mes objectifs.
  • J’ai donné ma première conférence au DevOpsDays (“Surmonter l’anxiété d’apprentissage”) basée sur mon livre.
  • J’ai terminé d’écrire la version française de mon livre et je l’ai soumise à des éditeurs. J’ai poussé ce projet aussi loin que j’aurais pu par moi-même. Je suis réellement sorti de ma zone de confort, et je suis fier de moi.
  • J’ai commencé un nouveau projet de livre, détails à venir!
  • Environ 140 entraînements musculaires complétés!
  • Et plus encore…

Il faut dire que malgré toutes ces réussites, ce n’était pas une année facile. D’abord, j’ai trouvé le contexte social lourd. Il fut très facile de se sentir écrasé par l’anxiété environnante. On sent que le monde tel qu’on le connait est en train de changer, mais on ne connait pas notre destination à moyen terme. La guerre, les crises économiques, les problèmes environnementaux, l’intelligence artificielle… C’est difficile de rester optimiste quand la menace de l’effondrement de tout ce qui nous tient à cœur semble planer à chaque instant. Je nous félicite tous d’avoir réussi à traverser cette année d’incertitude.

Plus personnellement, j’ai dû faire face au syndrome de l’imposteur qui embarquait souvent lorsque j’accomplissais quelque chose pour la première fois. Je dois avouer que je l’ai vécu à maintes et maintes reprises cette année, tant dans mon nouveau rôle professionnel que dans mes relations personnelles. Bien que j’ai l’impression de faire des pas immenses vers la vie que je veux réellement créer, ce n’est jamais facile de se dépasser. Dans ces creux de vague, la lecture m’a aidé à m’apaiser, ne serait-ce qu’en diminuant mon temps d’écran.

J’ai rarement plongé autant dans une tâche que lors du sprint final que j’ai fait en juillet-août pour terminer la traduction d’Overcoming Learning Anxiety en français, et la préparation de ma présentation au DevOpsDays. Une fois ces efforts achevés, ce fut une expérience un peu surréelle les jours suivant de constater que la vie continuait. Ce n’est pas encore le temps de baisser les bras.

Je crois que cette désillusion explique mon petit ralentissement en lecture. Alors que je me suis donné corps et âme à cette tâche par le passé, les doutes s’éveillaient en moi. Est-ce que la lecture est aussi puissante que je le pense? Suis-je en train de trop m’investir? Suis-je en train de m’éduquer ou de m’amuser? Le plaisir est-il encore là?

J’ai toujours été quelqu’un qui, pour le meilleur et pour le pire, carburait à la validation extérieure. Le fait que j’ai enfin mis au monde un livre qui me tient profondément à cœur, dans deux langues différentes, et que je suis encore en attente de réponse favorable par des éditeurs, j’avoue que cela me pèse. J’aimerais pouvoir goûter tout de suite au fruit de mes efforts. Or, n’était-ce pas là la raison première pourquoi la lecture a été une si grande alliée pour moi lors de mes débuts en 2023? J’apprends (et je réapprends) comment être patient, comment écouter, comment parler. Mon plus grand défi est de cesser de crier victoire trop vite.

En particulier, un gros enjeu personnel pour moi cette année a été celui de la confiance en soi. Si j’avais à me situer sur ma courbe d’apprentissage de la vie, je me situerais ici:

Bon… Je me suis un peu écarté du vif du sujet, j’espère que vous me pardonnerez. Voici, sans plus tarder, les neuf livres pour lesquels j’ai levé mes deux pouces bien haut cette année, et que je vous recommande de lire sans retenue.

Les yeux de Mona

Merci à ma mère qui m’a donné ce livre en cadeau pour Noël 2024. Dans ce roman, on raconte l’histoire de Mona, une jeune fille qui est aux prises avec un mal particulier qui semble menacer ses yeux. Dans l’espoir de remplir l’esprit de la jeune fille de toutes les merveilles dont les humains sont capables, son grand-père l’amène visiter les plus grands musées de France alors qu’il prétend aller chez le psychologue avec sa petite fille. Lors de ma lecture, je n’ai pas mis de focus sur ce mensonge du grand-père, afin de bien focuser plutôt sur le voyage dans lequel il entraînait Mona. Il faut le dire, l’intrigue du livre m’a laissé quelque peu indifférent. Mais les dialogues entre le grand-père et sa petite fille, ah ça m’a été droit au cœur.

Je crois que la bonne façon de lire ce livre est de s’imaginer être Mona lors des visites au musée. On y découvre des vraies oeuvres d’art qui sont miniaturisées à l’intérieur de la page couverture du livre. C’est franchement fascinant d’un point de vue anthropologique.

Il est bien rare pour moi ces jours-ci de lire des romans, mais celui-ci m’a particulièrement touché. Je crois qu’il y en a pour tous les goûts, surtout pour les amateurs d’art en général. Préparez-vous à apprendre à voir les choses autrement.

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The Art of Writing Technical Books

2025 a été une grosse année d’écriture pour moi. Avec le recul, j’oserais même dire que c’était ma plus grosse année d’écriture à vie. C’était vraiment concentré. Non seulement j’ai soumis mon manuscrit à des éditeurs, mais j’ai continué à écrire des critiques de livre tout au long de l’année. J’ai un peu trop pris goût à l’écriture assistée par IA pour ensuite me rajuster. Étonnamment, ou sans surprise, je crois que cet épisode m’a aidé et motivé à réellement trouver ma voix d’écrivain.

Je m’écarte à nouveau, parlons de The Art of Writing Technical Books!

Ce livre m’a été recommandé par mon ami et mentor Benoît qui, si j’ai bien compris, s’est lié d’amitié au fil des ans avec l’auteur Peter Gregory. Ainsi, connaissant mes aspirations d’auteur, c’était tout naturel pour Benoît de me recommander le nouveau livre de son ami qui en avait déjà publié cinquante (50!) au fil de sa formidable carrière.

J’ai énormément apprécié lire ce lire, ce qui n’est pas peu dire, car beaucoup de choses me repoussaient au départ. Pour commencer, manquant d’humilité, je l’avoue, je n’avais pas envie de me faire dire “comment écrire”. Or, je crois que Gregory par son écrit a été astucieux. Il a réellement su m’apprendre les rudiments de l’écriture sans me donner l’impression qu’il connaissait tout et que je ne savais rien. Quelle posture mentale adopter, quels outils il utilise, quel genre de préparation est nécessaire, qu’est-ce que l’écriture de 50 livres lui a appris, etc. En somme, je trouve que son assemblage d’information était très habile, ce qui témoigne selon moi de sa qualité d’écrivain.

Pour une fois, cela m’inspire. Par le passé, je me serais comparé défavorablement à l’auteur et me serais laissé écraser par cette honte créée de toute pièce par mon égo. Aujourd’hui, j’ai ravalé ma fierté et j’ai utilisé la plupart de ses techniques pour mes travaux d’écriture. Bravo, moi!

Je n’ai toujours pas acheté de “pèse-livre”, mais j’y pense depuis avoir achevé la lecture de The Art of Writing Technical Books. Ce livre est tombé à point pour moi à un moment spécial où j’entamais la traduction de mon manuscrit. Il m’a permis de bien planifier cet effort et je crois que les trucs de collaboration que j’y ai trouvés me seront utiles pour bien des années à venir.

Pour tout aspirant écrivain, surtout si vous souhaitez écrire un livre qui explique des choses, je dirais que vous pourrez difficilement trouver mieux pour bien vous outiller.

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Patriot

Ce livre m’a été recommandé par une chanteuse dans ma chorale. D’héritage tatar, elle a immigré au Canada suite aux dangers qui planaient sur elle (et sur ses êtres chers, comme bien d’autres) en Russie. Lors de nos balades communes en voiture pour se rendre au local de musique, elle m’a recommandé ce livre afin de mieux comprendre la réalité de la vie moderne en Russie.

Patriot est donc le recueil des mémoires d’Alexei Navalny, dissident Russe qui s’est opposé très publiquement au régime de Vladimir Putin, au péril de sa vie.

Je suis ressorti de cette lecture avec une admiration profonde pour Navalny. Son obstination à ne pas baisser les bras devant ce qu’il jugeait injuste, à vivre selon ses valeurs, lui a mérité beaucoup de souffrances physiques, mais au final aura été un cadeau immense pour cette nation qu’il aimait tant. J’ai beaucoup appris sur la Russie, mais j’en ressors avec une vision de comment vivre selon mes valeurs.

Ce que je m’apprête à dire peut sonner grossier, j’en conviens… Mais une partie de moi crois que Navalny a tout ce qu’il faut pour évoluer dans l’esprit collectif comme un Jésus moderne. Il a donné sa vie pour le bien commun. Il a redonné courage aux gens autour de lui. C’est un exemple pour moi d’une “bonne personne”. Personne n’est parfait, et je suis certain que les nombreuses erreurs de jugement de Navalny ont été documentées au fil des années. Cela étant dit, l’exemple qu’il a livré à travers l’œuvre de sa vie me va droit au cœur. J’y ai appris que vivre selon ses valeurs est un choix qui vient avec un prix et avec une récompense. Ce choix nous revient toujours, à chaque jour. Le succès individuel, c’est d’arriver à rester cohérent dans nos choix.

Je ne sais pas ce que la géopolitique réserve à la Russie. J’espère tellement qu’elle se sortira de sa relation toxique avec la tyrannie, parce qu’il y a tellement de gens bons qui habitent cet immense pays. Dans mon pays isolé du Canada, je ne peux que souhaiter bonne chance à tous ceux qui sont touchés de près ou de loin par cette souffrance, et j’espère que vous saisirez, comme Navalny l’a fait, les opportunités de vivre selon vos convictions, quoi qu’il en coûte.

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Gimme a Hug

Ce livre trouvé par hasard au magasin Renaissance a chamboulé quelque chose en moi. Je n’arrive pas à dire quoi. Est-ce ma compréhension de ce qu’est le savoir vivre? Comment gagner le cœur des gens? Comment faire de la politique? Je ne saurais dire. Mais l’idée centrale du livre est si simple, et si puissante, que je suis surpris qu’elle n’ait jamais été énoncée aussi clairement au fil de ma vie.

Voici l’idée. Ultimement, il y a seulement deux façon d’agir avec les autres: les accueillir dans notre cercle en les reconnaissant pour qui ils sont, ou les repousser de notre cercle. Notre succès en tant qu’individu social découle de notre capacité à donner de la reconnaissance aux autres, peu importe le contexte. Voir l’autre, l’encourager à exister, c’est le plus beau cadeau qu’on puisse faire à un être humain. C’est vital, et pourtant, rare.

En écrivant ces lignes, je donne peut-être l’impression que ce livre est comme Le Secret qui dit de s’entourer de ceux qu’on souhaite devenir (“Éloignez les pauvres et les obèses, entourez-vous de gens riches et beaux…”). Or, ce n’est pas le cas du tout. L’apprentissage que je garde de ce livre est tout autre. En résumé, si ultimement vous donnez de la reconnaissance aux autres et les incluez dans votre cercle, dans la majorité des cas, ils vous le rendront encore et encore. Bien sûr, il faut faire le ménage dans nos connexions de temps en temps, car quand on accueille à tous les jours, on finit par créer un réseau insoutenable…

Accepter les gens comme ils sont, et leur donner accès à qui je suis véritablement, qui qu’ils soient, voilà la valeur que ce livre a implantée en moi. J’ai la croyance que cette posture est la bonne pour créer une vie riche, entourée de gens que j’aime, à qui je peux être utile et qui n’hésiteront pas à me venir en aide le moment venu.

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Le Coran

Non, je ne rigole pas. Le Coran a réellement été l’une de mes lectures phares cette année!

Je dois avouer que quelques jours après avoir achevé la lecture, j’étais subjugué. Mon review est une belle capsule temporelle de cet état d’âme. Or, six mois se sont écoulés depuis l’écriture de ce review, et ce recul m’aide à mieux comprendre ce que le livre a laissé en moi.

Bien sûr, il y a plusieurs notions importantes à retenir selon le Coran. Par exemple, Dieu n’est qu’un. Il n’a pas de fils. Dieu a un nom, c’est Allah. Et j’en passe!

Or, je crois que la chose que j’ai retenue du Coran est celle-ci: le pardon est un acte divin.

Cela peut prendre le sens que vous voulez lui attribuer. Pour ma part, cette idée me fait du bien, me réconforte. Il faut se le dire: tout ce qui entoure le pardon est difficile. Le donner, le recevoir, ou attendre de le recevoir… Un pardon ne vient jamais sans faute, ni douleur. Chaque pardon est à la hauteur de la faute qui l’a engendré.

Pardonner, ce n’est pas quelque chose qui se fait à la légère. On dit parfois avoir pardonné alors qu’en notre for intérieur, on n’a pas réellement pardonné. C’est pour cette raison que j’aime cette image du pardon comme un acte divin. Pardonner, réellement pardonner, cela nous demande d’aller au-delà de nous-mêmes. Cela nous demande peut-être même d’appeler une aide externe à ce que tout humain pourrait nous apporter. Pardonner, c’est un déclic, un don de l’univers, (de Dieu?), qui fait tomber le poids qui nous pesait.

Je crois véritablement en écrivant ces lignes que rien ne vaut un pardon. L’âme n’a pas accès au matériel qui nous entoure. Pour panser ses plaies, la seule chose qui puisse fonctionner est le pardon.

Je vais m’arrêter d’écrire ici, parce que j’ai l’impression que ceux qui savent de quoi je parle ont compris il y a longtemps, et que ceux qui n’ont pas encore compris ne gagneront rien en lisant 10 paragraphes de plus sur le sujet (sont-ils même encore en train de lire?).

Bref, je vous recommande sans aucune ironie de lire le Coran, surtout si vous avez lu la Bible auparavant. C’est une expérience transformatrice qui a fait un bien fou à mon âme.

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Money for Couples

Ah comme je suis redevable à mon père d’avoir transmis en moi le goût de comprendre l’anglais. Je crois que sans lui je n’aurais jamais eu les outils nécessaires pour plonger dans un livre comme Money for Couples, qui pourrait avoir de réels impacts financiers sur mon avenir.

La prémisse est simple, et pour une fois, l’auteur livre la marchandise. Ce livre donne un modèle à suivre afin de se bâtir une vie à deux financièrement viable. Cela commence par avoir les bonnes conversations autour du sujet épineux de l’argent, ce qui constitue la majorité du livre. Une fois ces discussions accomplies, le livre nous guide entre autres sur comment gérer les comptes conjoints, l’épargne conjointe, les comptes individuels, etc.

L’apprentissage le plus précieux que j’ai tiré de ce livre, mis à part le modèle efficace pour automatiser la distribution des dollars parmi nos maintenant nombreux comptes conjoints, est l’idée de créer des money meetings avec sa douce moitié. Ma femme et moi avons pris plaisir cette année à organiser une rencontre, une fois par mois, où nous classons nos dépenses, regardons nos tendances, et fermons les dossiers qui se sont ouverts au fil du mois. Je sens que cela nous sauve un temps fou, et nous évite de laisser traîner des choses pendant trop longtemps.

Avez-vous des money meetings avec votre partenaire? Je vous encourage fortement d’en avoir. Je suis certain que pour certaines personnes, Money For Couples sera le livre qui aura protégé leur couple du divorce.

La prévention a bien des qualités, mais elle a aussi un important défaut: on ne saura jamais quels problèmes elle a su prévenir! Or, je peux très bien vivre avec cela. J’ai l’impression que la formule que nous a enseigné Ramit à travers son livre sera très payante à long terme, en plus de nous rapprocher en tant que partenaires de vie.

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The DevOps Handbook

Dois-je encore parler du DevOps Handbook? J’ai l’impression d’en parler sans cesse.

Vous m’avez probablement déjà entendu parler de ce livre en personne. Sur mon blog, il ne mérite plus d’introduction. Il fait partie de l’intrigue principale de mon livre.

Je n’ai pas grand chose à ajouter à cet instant sur le DevOps Handbook. Au début de ma carrière, il a d’abord été un mur infranchissable qui nourrissait mon syndrome de l’imposteur. Puis, il a été la source d’une victoire personnelle et un véritable allié pour mettre en place de nouvelles idées au sein des équipes avec lesquelles je travaillais. Enfin, une de ses toutes petites lignes, “help overcome learning anxiety”, m’a tellement fasciné que j’ai passé deux ans à écrire un livre à ce sujet, et une autre à le traduire dans une autre langue.

Ce livre est peut-être trop technique pour la majorité des gens qui liront ce blog, et c’est bien correct. Mais pour ceux qui souhaitent comprendre comment orchestrer un pivot technologique, ce livre défend encore très bien sa place selon moi. L’IA ne vient rien changer là-dedans. Au cœur de tout problème de changement se trouvent des humains qui ont peur de devoir apprendre quelque chose en peu de temps.

Bref, je dois beaucoup à ce livre.

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Briser la culture des héros

Ce livre m’a fait découvrir deux mots qui sont la source de beaucoup de mal lorsqu’ils sont mis côte à côte: “Oui, mais.”

Je m’avance peut-être un peu vite dans cette introduction. Pourquoi voudrait-on briser la culture des héros? Pensons à Batman, héros par excellence. Il sauve la ville de Gotham mieux que leur propre service de police. La ville, on le sait bien, opère dans cette dualité où elle ne veut pas de lui, mais ne saurait opérer sans lui. Et je crois que les récents films de Christopher Nolan l’illustrent bien: dans l’univers de Batman, peu de gens souffrent autant que Bruce Wayne, Batman lui-même.

Selon moi, Batman n’est pas un vrai héros. Ou du moins, c’est la culture de ce type de héros qu’on veut briser. Pourquoi? Parce que dans les moments clés, il refuse l’aide qui lui revient. Il veut faire à sa tête, seul, ce dont il se croit capable. C’est la source de maintes tragédies et frustrations. Les réels problèmes de Batman surviennent lorsqu’il oublie comment travailler en équipe. Une chance qu’on lui a donné Robin pour le guérir de cette maladie! Et encore…

Briser la culture des héros, c’est reconnaître que si les Batman qui nous entourent peuvent être les héros d’aujourd’hui, ils peuvent être les chefs d’orchestres de notre malheur collectif. Ce n’est pas parce qu’ils sont méchants, mais bien parce que, comme tout le monde, ils sont humains. Ils font des erreurs. Parfois, ils ne répondent pas à l’appel, contrairement à leur réputation bien méritée. C’est dans ces cas-là que les héros deviennent la source de nos problèmes.

Plus terre à terre, Briser la culture des héros nous amène à repérer les héros de notre quotidien, comprendre comment ils parlent, comment ils viennent à contrôler malgré eux une multitudes de responsabilités qui les rendent essentiels dans notre univers. Les héros savent se rendre indispensables, parce que c’est ce que notre société leur a appris à faire.

Ainsi, briser la culture des héros, c’est amener nos héros à se détendre et à transmettre leurs connaissances aux autres, entre autres en adoptant une nouvelle posture. Ils n’ont plus à être des victimes, des persécuteurs, ou des persécutés. Pour atteindre le prochain niveau bénéfique à tous, les héros doivent devenir des coachs, des créateurs, des challengers.

Et tout cela commence en repérant les moments où ces deux mots sont mis ensemble: “Oui, mais.” Oui montre l’ouverture, et mais montre la fermeture. Ensemble, ils créent une dissonance chez l’interlocuteur, un doute, une fraction de seconde qui permet au héros de se rendre trop loin sur la pente glissante du contrôle.

Briser la culture des héros, ça commence avec les mots qui nous permettent de se comprendre. “Oui, et” ou “Non, parce que”, mais pas “Oui, mais.”

J’ai beaucoup d’estime pour Dave Jacques, l’auteur de ce livre. J’ai eu la chance de le rencontrer en personne cette année à l’Agile Tour et cette expérience a vraiment allumé un feu en moi. Il est un grand sage. Je vous recommande de lui prêter votre oreille.

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Poor Charlie’s Almanack

Pour finir cette revue de l’année, voici l’œuvre d’une vie, et pas n’importe laquelle. Poor Charlie’s Almanack est un recueil de onze discours énoncés par nul autre que Charlie Munger, le riche investisseur américain et ami de Warren Buffet. Charlie était un homme de peu de mots, un penseur, … mais qui avait une éthique du travail extraordinaire. Quand il s’ouvre la trappe, vous feriez mieux d’écouter avec attention ce qu’il a à vous dire.

Je suis profondément inspiré par ce que Charlie dégage lorsqu’il est devant ses investisseurs ou en entrevue. On peut facilement trouver des dizaines de vidéos de l’homme sur internet. Bien avant son immense richesse bâtie au fil du temps à partir de rien, je pense percevoir chez Charlie un sang froid à toute épreuve, une absence totale de peur. Charlie dégage l’aura de quelqu’un qui a fait ses devoirs, retourné chaque pierre, et qui mérite tout ce qui lui revient. J’ai un respect immense pour son attitude et pour sa dévotion aux causes qu’il juge justes. Dans mon esprit, Charlie a son grand jardin, et pourtant à chaque jour où j’y jète un coup d’œil, je n’arrive jamais à y trouver une seule mauvaise herbe.

Ce que je garde de ce livre, c’est Charlie lui-même. Une partie de son esprit vit en moi. Cet esprit n’a pas besoin de me dire grand chose pour être utile. Ce regard perçant qui apparaît sur la page couverture suffit. Quand je regarde vers le plafond pour réfléchir à ma prochaine phrase, je sens parfois le regard silencieux de Charlie sur ma nuque. C’est ma façon de poser la question à tout mon corps: “Que penserait Charlie s’il m’entendait parler? M’encouragerait-il à continuer? À cesser immédiatement?”

En d’autres mots, ce livre m’a légué une image puissante de Charlie le juge, celui qui a assez de perspicacité pour faire la différence entre “faire la bonne chose pour les mauvaises raisons”, “faire la mauvaise chose pour les bonnes raisons”, et tout le monde qui vit entre les deux. De sentir cette profonde perspicacité me fait d’abord sentir vu, puis compris, et enfin bien moins compliqué comme individu que je me permets souvent de croire.

“It’s no use. I can’t fool Charlie.” Il vit en moi comme un gardien protecteur avec pour seul objectif de m’empêcher de me mentir à moi-même.

Dans ce livre, j’ai trouvé un ami pour la vie.

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Comme dirait Charlie, “With that, I have nothing more to add.” Bon 2026!