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(#143) Pride and Prejudice

Auteur: Jane Austen
Année de parution: 1813 (cette édition, 2014)
Éditeur: Penguin Random
Lien vers mes notes manuscrites numérisées
J’ai mis Pride and Prejudice sur ma liste de lecture il y a un certain temps. C’était un défi que j’avais envie de me lancer, parce que ce livre contient beaucoup de chose qui me rebutent en général: c’est une fiction, datée, une histoire d’amour dans un milieu hautement “politique” où les gens doivent lire entre les lignes pour se comprendre. Je ne savais pas vraiment dans quoi je m’embarquais, à part que de nombreuses histoires d’amour qu’on voit à la télévision de nos jours sont, à ce que j’entends, calquées sur ce livre (Bridgerton, The Young and the Restless, The Bold and the Beautiful, etc.). On y retrouve ces tropes qui sont aujourd’hui des classiques:
- Enemies-to-Lovers (D’ennemis à amants)
- The Grumpy vs. The Sunshine (Le grincheux et la rayonnante)
- Misunderstandings & Miscommunication (Le malentendu)
- The Rake (Le débauché / Le libertin)
- Social Class Gap (L’écart social)
- The Meddling Mother (La mère entremetteuse)
- The Failed Proposal (La demande en mariage ratée)
Ainsi, c’est la même curiosité qui m’avait mené à lire Sénèque, la Bible et le Coran qui m’a amené ici. Je n’avais aucune attente, sauf de terminer le livre et d’en écrire une critique. J’étais curieux de savoir ce que j’allais apprendre. Après tout, voilà une histoire qui semblait décrire des échanges tendus et réalistes entre des personnages riches (dans tous les sens du mot). Moi qui suis fasciné par les humains, simplement de les “voir aller” semblait un plan digne d’intérêt.
Tout d’abord, je peux vous dire que ce n’est pas l’histoire d’amour qui a capturé mon attention. Après tout, c’est un amour très sobre, très intellectuel que partagent les protagonistes du roman. Ce que j’ai trouvé intéressant est que leur cheminement personnel les amène à réaliser qu’ils sont compatibles pour former un couple. Vous voyez, M. Darcy est un jeune homme très riche qui en vient à se renfermer sur lui-même lors des bals qu’organisent les familles pour créer des couples. Elizabeth, notre héroïne principale, n’est pas du tout impressionnée par l’attitude de Darcy et n’hésite pas à le remettre à sa place. Cela provoquera une transformation en lui, car ce sera la première fois que quelqu’un daignera être honnête avec lui (tous les autres le flattent dans le sens du poil, car ils veulent sa fortune). Ainsi, il deviendra le protecteur invisible d’Elizabeth et de sa famille. Elle s’en rendra compte bien plus tard. Il lui fera alors une demande en mariage vouée à l’échec. C’est à travers une lettre qu’il lui expliquera sa perspective et qu’enfin Elizabeth commencera un cheminement personnel qui changera complètement sa perspective de M. Darcy. Elle arrivera à la conclusion qu’il est le seul homme en qui elle peut avoir totalement confiance, et donc elle acceptera de former un couple avec lui, malgré les apparences et ce que les autres en diront.
Et clac, c’est là que le livre se termine. On ne raconte pas leur mariage, pas de “ils vécurent heureux et eurent une grande famille.” Simplement, la décision est prise, FINIS.
Au travers de toute cette histoire, on apprend à connaître les quatre soeurs d’Elizabeth, dont deux se marieront aussi (Jane aura un mariage heureux avec M. Bingley, l’ami de M. Darcy, et Lydia aura un mariage malheureux avec M. Wickham, un grand charmeur sans le sou). On parle beaucoup pour ne rien se dire. Il y a de grosses longueurs, des moments où j’ai perdu le fil et où j’ai dû relire des paragraphes entier pour comprendre de quoi il était question.
Si j’avais à recommander ce livre, ce serait surtout pour mettre en lumière le talent de l’autrice, Jane Austen, à créer des personnage vivants qu’on a réellement l’impression de côtoyer. Elle arrive à décrire les émotions de chaque personnage dans son contexte avec une précision exquise. Elle réussit à nous mettre “dans les chaussures” de chaque personnage, aussi mineur soit-il. C’était facile de mettre un visage sur tout le monde, même si très peu d’entre eux ont reçu une description physique en bonne et due forme. Tout au long de ma lecture, je me suis remémoré Intelligence Émotionnelle de Daniel Goleman. Je crois bien que Jane Austen est l’autrice avec la plus grande intelligence émotionnelle que j’ai eu la chance de lire.
À part quelques citations sur la différence entre la fierté et la vanité, je n’ai pas retiré grand chose d’autre de cette lecture. Je peux enfin dire que j’ai lu cette œuvre culte, mais je n’ai pas l’intention de la recommander aux gens autour de moi. C’est trop lourd pour trop peu. Selon moi, cette œuvre est alignée surtout avec ceux qui veulent se donner un défi pour tester leur concentration ou leur maîtrise de l’anglais. En effet, vous constaterez que j’ai appris de nombreux nouveaux mots de vocabulaire.
Bref, je ne regrette pas de m’être plongé dans l’histoire d’Elizabeth, mais je ne crois pas que j’y repenserai très souvent, à part lorsque ma mère me racontera les développements Bridgerton, sa série préférée. Ça alimentera nos discussions à table quelques temps!
Le verdict de Félix:
👎
👎
📚 Vocabulaire
- (p. 9) circumspection: the quality of being cautious, prudent, and wary of risks, often involving careful observation of surroundings to avoid mistakes
- (p. 12) &c: etc.
- (p. 12) mein: appearance and behavior toward others
- (p. 35) solicitude: attentive care and protectiveness
- (p. 48) panegyric: a eulogic oration or writing
- (p. 49) to expostulate: to reason earnestly with a person for purposes of dissuasion or remontrance
- (p. 58) propitious: favorable disposed, benevolent
- (p. 61) an entail: en estate (un héritage)
- (p. 65) patroness: protectrice (e.g. d’un artiste)
- (p. 91) to upbraid: réprimander
- (p. 102) diffidence: manque de confiance en soi
- (p. 103) dissemble: dissimuler, masquer sa pensée
- (p. 106) hitherto: jusqu’ici
- (p. 155) condescension: condescendance
- (p. 165) to curtsey: faire une révérence
- (p. 192) scruple: scrupule, hésiter à faire quelque chose par peur de commettre une erreur
- (p. 195) being ordained: recevoir l’orgination ; être ordonné prêtre
- (p. 214) congenial: agréable, sympathique
- (p. 218) allayed: modérer, apaiser, soulager
- (p. 221) dejection: abattement, découragement
- (p. 222) rapture: ravissement, enchantement, s’extasier de…
- (p. 247) vindication: justification, défense
- (p. 270) profligate: débauché, libertin
- (p. 272) drawing room: salon (“living room”)
- (p. 279) exertion: effort
- (p. 302) fortnight: quinzaine de jours
- (p. 304) copse: taillis, petit espace boisé
- (p. 325) alacrity: empressement (quick and cheerful willingness)
- (p. 325) sash: ceinture (d’étoffe), écharpe. A broad band of cloth worn round the waist, or over one shoulder
- (p. 330) panegyric: a speech or piece of writing that praises someone or something very much and does not mention anything bad about them
- (p. 346) to trifle: to trate someone or something carelessly or without respect
- (p. 352) mirth: laughter, humour, or happiness
- (p. 354) epithet: an adjuective added to a person’s name or a phrase used instead of it, usually to criticize or praise them (e.g. “that disagreeable Mr. Darcy”)
⭐ Citations étoiles
- (p. 21) A person may be proud without being vain. Pride relates more to our opinion of ourselves, vanity to what we would have others think of us.
- (p. 23) There are very few of us who have heart enough to be really in love without encouragement.
- (p. 47) “Nothing is more deceitful than the appearance of humility. It is often only carelessness of opinion, and sometimes an indirect boast.” —Mr. Darcy
- (p. 56) “Vanity is a weakness indeed. But pride—where there is a real superiority of mind, pride will be always under good regulation.” —Mr. Darcy
- (p. 111) Those who do not complain are never pitied.
- (p. 139) “Is not general incivility the very essence of love?” —Mrs Gardiner
- (p. 202) “Had I been in love I could not have been more wretchedly blind. But vanity, not love, has been my folly.” —Elizabeth
- (p. 228) Where other powers of entertainment are wanting, the true philosopher will derive from such as are given.
- (p. 240) ⭐ “What praise is more valuable than the praise of an intelligent servant?”
- (p. 296) ⭐ Little of permanent happiness could belong to a couple who were only brought together because their passions were stronger than their virtue.