18 minutes
Activer ses neurones

Auteur: Steve Masson
Année de parution: 2025
Éditeur: Odile Jacob
Lien vers mes notes manuscrites numérisées
Après avoir lu le manuscrit de mon livre, Apprendre sans anxiété, ma mère m’a fait un commentaire qui s’est imprimé dans mon esprit. Elle me demandait pourquoi je ne donnais pas un angle plus scientifique à mon discours. Oui, je parlais de mon vécu, mais qu’en était-il de l’anxiété et de l’apprentissage du point de vue scientifique?
J’avais déjà lu quelques livres qui auraient pu me donner des pistes (Par amour du stress, Learning How to Learn), mais mes idées étaient un peu diffuses sur le sujet. Avais-je vraiment tout ce qu’il me fallait pour adresser les questions de ma mère?
(C’est le retour du tutoiement, je n’en ai pas encore l’habitude.) Tu sais, après avoir lu des dizaines de livres, c’est parfaitement normal d’oublier de quoi ils parlent. En tout cas, c’est ce que je me dis à moi-même pour me donner l’impression d’être normal. À cet instant, je regarde les couvertures des deux livres que j’ai cités ci-haut et j’essaie de me souvenir s’ils ont des réponses définitives à ce que sont l’anxiété et l’apprentissage. Heureusement, grâce à l’intelligence artificielle, j’ai développé un Atlas qui me permet d’explorer les top 5 à 10 idées contenues dans un livre, basé sur ce que j’ai pu écrire à son sujet. Voici donc les idées que ces livres contiennent:
- Par amour du stress:
- Le stress n’améliore pas la performance
- La respiration-bedon pour calmer la réponse de stress
- Le stress est individuel, il n’existe pas de solution universelle contre le stress
- La résilience c’est d’avoir un plan B, C, D plutôt que simplement se relever après une chute
- Le stress est engendré par l’une de ces quatre caractéristiques
(CINÉ):
- (Perte de) Contrôle
- Imprévisibilité
- Nouveauté
- Égo menacé
- Learning How to Learn:
- Le cerveau alterne entre un mode concentré et diffus
- S’entraîner uniquement sur ce qu’on maîtrise déjà est une perte de temps. Il faut mélanger les techniques difficiles pour vraiment devenir un expert.
- Les jeux vidéo d’action entraînent l’attention
- Un fait devient plus mémorable si on le convertit en image, surtout si cette image est inhabituelle et comporte du mouvement
- La technique Pomodoro aide à se concentrer
On constate bien que, même si ces deux livres m’ont permis de dénicher des idées utiles, elle n’adressent pas le cœur du problème. C’est quoi apprendre, vraiment? C’est quoi l’anxiété, vraiment? Puis-je appuyer mes propos sur l’avis d’experts?
Voilà donc le genre de questionnements qui m’ont poussé à choisir le livre du jour, Activer ses neurones par Steve Masson, professeur à l’université du Québec à Montréal où il dirige le Laboratoire de recherche en neuroéducation. J’ai décidé que ce serait lui mon expert pour résoudre la question de l’apprentissage. Pour ce qui est de l’anxiété, j’ai espoir de traiter cette question dans une autre lecture, potentiellement The Anxious Generation par Jonathan Haidt.
Alors, est-ce que mes recherches ont porté fruit? J’ai identifié tous les endroits où Masson définissait ce qu’est «apprendre» ou l’apprentissage, et voici ce que j’ai trouvé:
- (p. 7) L’apprentissage [est] la cause de ce qui rend chacun unique. Nous sommes qui nous sommes grâce à ce que nous avons appris.
- (p. 18) Apprendre, c’est changer la façon dont les neurones sont connectés les uns aux autres.
- (p. 23) Pour apprendre, il faut que le cerveau change et, pour changer, il doit s’activer.
- (p. 32) Apprendre, c’est changer ses connexions neuronales.
- (p. 143) Pour apprendre, il faut changer son cerveau.
- (p. 187) ⭐ ⭐ ⭐ Apprendre, c’est changer.
Apprendre, c’est changer. Difficile de l’exprimer en termes plus simples! Elle était là, la phrase que je cherchais, à la page 187. Bien sûr, on ne peut pas exprimer pourquoi apprendre, c’est changer, en seulement trois mots. Juste le mot «neuroéducation» contient plus de syllabes qu’«apprendre, c’est changer». Des tonnes de recherches en neuroéducation (10 pages de bibliographie scientifique) ont été nécessaires pour arriver à ce résultat.
J’ai l’impression de repartir de cette lecture avec mon objectif accompli. Et encore, je n’ai même pas parlé des choses que j’ai apprises sans les rechercher. Ce livre contient des résultats et des visualisations vraiment intéressantes. Par exemple:
(p. 157) Le cerveau des adolescents réagit plus fortement que celui des enfants et des adultes à la rétroaction et au renforcement positif.
J’ai trouvé cette figure super intéressante. Voilà la première question qui m’est venue à l’esprit: est-ce pour ça que les ados sont les plus propices à développer des dépendances? Et ensuite, je me suis demandé si c’est pour ça que les parents trouvent si difficile la période d’adolescence de leurs enfants. On le voit bien dans le graphique: toutes les stratégies de rétroaction que les parents ont appris à la dure pendant la période «enfant» deviennent moins optimales pendant l’adolescence. En d’autres mots, la dynamique s’inverse. Ça demande au parent d’apprendre, en même temps que son enfant, c’est-à-dire tous les jours, comment donner une bonne rétroaction qui permettra à l’enfant de garder le cap.
La rétroaction est la clé, c’est elle qui permet d’apprendre. Or, c’est un vrai match de tennis qui se joue entre les individus à savoir si notre partenaire sera capable de recevoir ce qu’on lui envoie.
Une autre notion m’a fait réfléchir, celle selon laquelle une rétroaction négative chez un enfant peut avoir un effet de renforcement positif. Comment cela est-il possible? C’est que le cortex préfrontal des enfants n’est pas assez développé pour lui permettre de tirer pleinement profit de l’information négative. Quand un enfant se fait réprimander, c’est surtout l’attention de leurs parents qu’ils reçoivent. Ainsi, si un parent n’est jamais présent dans la vie de son enfant à part les moments où il le chicane, cela peut créer une forme de renforcement positif où l’enfant va chercher à se faire réprimander pour continuer à recevoir de l’attention. Fascinant, n’est-ce pas? L’auteur dit que ça explique pourquoi certains étudiants, en recevant une copie d’examen portant la mention échec, se bombent le torse avec fierté; ils savent qu’ils auront (enfin) de l’attention.
J’ai souvenir d’avoir vécu quelque chose qui s’apparentait à ce sentiment. Pas à l’école (j’avais de la facilité), mais à la maison. J’étais un accro aux jeux vidéo, au grand désespoir de mes parents. Ils ont essayé par toutes les façons de me faire comprendre que je perdais mon temps à scruter mes écrans à longueur de journée. Or, je ne désirais rien de plus que de partager mes moments de jeu avec eux. Dès qu’on parlait de jeux, en mal ou en bien, j’étais allumé. Je me souviens en particulier d’un jour où, avant qu’elle sorte pour faire des commissions, je demande à ma mère «Est-ce que je perds vraiment mon temps avec ces jeux? Tous mes scores et accomplissements vont disparaître quand je serai grand.» Je disais cela avec un brin de colère envers elle de ne pas voir ce que je voyais dans ce hobby, mais aussi avec un brin d’excitation. Je savais qu’elle répondrait quelque chose sur ce sujet qui m’était cher. Même si je savais ce qu’elle allait répondre («Bien sûr que c’est une perte de temps, qu’est-ce que tu racontes?»), j’avais envie, peut-être même besoin à ce moment-là, de l’entendre dire. J’ai vécu beaucoup de choses dans ma vie et je trouve curieux que ce souvenir-là, en apparence si anodin, me soit resté après toutes ces années. Peut-être que c’est parce que mon cerveau s’est fait peur à lui-même.
Au dernier chapitre du livre, l’auteur ramène la théorie de l’esprit fixe et de l’esprit dynamique énoncée par Carol Dweck dans Mindset. C’était intéressant de voir ce même sujet traité avec un angle différent. Voici quelques notions en vrac qui résument bien le sujet:
- (p. 215) Une […] technique pour développer un état d’esprit dynamique est d’éviter d’attribuer la réussite au talent. [Mais], (p. 217) croire qu’associer la réussite à l’effort favorise un état d’esprit dynamique est probablement la conception erronée la plus fréquente concernant le développement de l’état d’esprit (Carol Dweck).
- (p. 215) La façon la plus intuitive de cultiver un état d’esprit dynamique est d’offrir des rétroactions et des renforcements qui associent la réussite à l’effort.
- (p. 216) Il faut […] prendre bien garde de ne pas attribuer la réussite uniquement aux efforts.
Et enfin cette figure qui résume le résumé:
⁂
Un sujet qui m’a particulièrement rejoint dans ce livre est celui des intelligences multiples. L’auteur n’en fait pas un grand cas, et mentionne seulement:
(p. 214) La théorie des intelligences multiples [est une] théorie non fondée. […] Cette théorie est encore aujourd’hui souvent utilisée pour apporter du réconfort aux personnes éprouvant de la difficulté. […] L’objectif poursuivi […] est souvent de dire à une personne qu’elle est intelligente, à sa façon, et que ses difficultés ne lui enlèvent pas sa «valeur» en tant que personne. […] Il faut éviter d’attribuer une intelligence spécifique (verbale, mathématique ou autre) aux individus.
Or, j’avais souvenir d’avoir passé ces tests moi-même lorsque j’étais en quatrième année du primaire, en 2003-2004. J’ai même retrouvé ces papiers dans mes archives personnelles:
J’aurais aimé savoir ça, au lieu de me faire dire que je devais choisir laquelle de mon intelligence était la dominante. Je m’en souviens comme si c’était hier: tous les enfants dans ma classe savaient quelle intelligence était leur «dominante», et moi j’étais embarassé parce que je devais départagé entre mes intelligences verbo-linguistique, logico-mathématique et intrapersonnelle. Au final, parce que j’aimais jouer au Game Boy et faire des cheat codes, ma professeure m’a dit que je devais pencher du côté logico-mathématique.
Je comprends son raisonnement. En 2003, c’était probablement la meilleure approche possible, surtout dans un contexte où l’on tente de gérer une trentaine d’élèves en même temps. Or, je me questionne aujourd’hui sur l’impact que cet atelier a eu sur ma vie. J’ai passé le reste de mon secondaire à assumer que j’avais un cerveau mathématique. J’ai fait des études en physique pure, bon sang. Oui, j’avais du plaisir, mais au final, ma vraie intelligence m’a poussé à changer de domaine, ce qui m’a amené plus d’adversité que j’aurais souhaité.
Voilà qu’aujourd’hui, mon passe-temps préféré est d’écrire. Je rêve du jour où mon livre sera enfin publié et que je pourrai dire, sans aucune gêne, que je suis un (vrai) auteur. Comment aurait changé ma vie si, ce jour-là dans ma classe de quatrième année, je m’étais joint au groupe des verbo-linguistiques? Je ne le saurai jamais. Heureusement, j’aime ma vie, et je ne regrette pas les détours que j’ai dû emprunter pour me rendre où je suis aujourd’hui. «Nous sommes qui nous sommes grâce à ce que nous avons appris», disait Masson dans les premières pages de son livre.
J’ai apprécié cette excursion dans la perspective plus scientifique de l’apprentissage du point de vue neuroéducatif. Contrairement aux livres précédents que j’ai lus sur comment bien écrire (On Writing Well, You Can’t Make This Stuff Up), ce livre n’était pas le plus passionant à lire. C’est pourquoi je le recommande seulement à un public averti qui est intéressé par le sujet, et non la forme.
Je lisais des passages de ce livre à mon ami Maxime pendant qu’on faisait la route entre Montréal et Charlevoix, et il me disait qu’il n’était pas un fan du ton du livre. Comme s’il y avait une trop grande distance entre l’auteur et le lecteur. Je comprends pourquoi l’auteur prend ce ton; il nous donne les résultats de ses méta-analyses sur le développement du cerveau. Toutefois, je comprends aussi le point de mon ami, et je vais en tenir compte dans l’écriture de mon propre livre, Apprendre sans anxiété, justement pour créer une proximité entre le lecteur et moi. Je devrais même dire entre toi et moi.
Une chose que je remarque c’est qu’après avoir posé Activer ses neurones, je n’ai pas l’impression d’avoir appris à connaître Steve Masson. Je suis persuadé que son but n’était pas de se faire connaître de ses lecteurs, je me demande si de mieux le connaître m’aurait permis de mieux intégrer certaines notions, faire des liens, etc.
Réflexions que j’ai eues pendant la lecture
- 💭 J’ai choisi ce livre pour savoir comment un scientifique définit “Apprendre”. J’ai eu une réponse! Apprendre, c’est changer. Difficile d’être plus concis que cela.
- 💭 Je voulais découvrir les stratégies d’apprentissage basées sur la science.
- 💭 J’ai essayé de dormir avec le livre et écrire sur les pages aux extrémités et même celles du centre, par-dessus le texte. J’ai utilisé le livre comme un bloc note (2 layers) pour capturer mes idées et songes: https://f-l.ca/xxs
Schéma intégrateur
Autres idées qui mériteraient discussion
- (p. 24) [Le] but clair derrière chaque apprentissage: modifier significativement et durablement les connexions neuronales du cerveau.
- (p. 25) Être actif pour apprendre ne signifie pas nécessairement bouger ou accomplir une tâche nécessitant de manipuler du matériel. Être actif pour apprendre signifie, d’abord et avant tout, activer son cerveau. Pour apprendre, il faut que le cerveau s’active. L’important n’est donc pas de bouger; l’important, c’est d’activer les neurones.
- (p. 29) Un étudiant qui navigue sur les réseaux sociaux durant un de ses cours: il active son cerveau, mais il n’active pas les neurones liés à l’apprentissage qu’il doit réaliser.
(p. 48) ❤️ Apprendre, c’est créer des sentiers dans le cerveau […] de façon similaire aux sentiers d’une forêt. […] Plus les sentiers sont utilisés, plus ils deviennent importants et permettent de passer rapidement et facilement du point A au point B.
Le cerveau se comporte aussi comme une forêt à un autre égard: si l’apprenant cesse d’emprunter le sentier créé, lentement, les herbes, les arbustes et les arbres y reprennent leur place. Le sentier s’efface alors progressivement et il redevient difficile de passer du point A au point B.
💭 De là l’importance de l’oubli au fonctionnement cérébral: cacher les chemins menant aux mauvaises destinations.
-
(p. 68) Contrairement aux approches passives, comme écouter ou lire, la récupération en mémoire oblige l’apprenant à activer ses neurones.
-
(p. 81) Après avoir lu un texte, [l’étudiant] peut […] s’autoquestionner sur le contenu:
- De quoi parlait le texte?
- Quels étaient les principaux points abordés?
- Quelle est la conclusion?
- 💭 C’est se poser ces questions qui pratique la récupération en mémoire et aide à apprendre.
-
(p. 82) Attendre plus de trois secondes après avoir posé une question a des effets bénéfiques sur la capacité ultérieure de rappel, mais aussi sur la qualité et la complexité de la réponse fournie. Un autre avantage collatéral est que l’attente permet à la personne qui pose la question de réfléchir plus longtemps à sa prochaine question, explication ou commentaire, ce qui améliore la qualité globale de l’interaction.
-
(p. 155) Si une récompense est offerte pour chaque livre lu à un enfant qui aime déjà lire, qu’il y a ensuite l’arrêt des récompenses, il lira moins qu’auparavant et il aura aussi moins de motivation intrinsèque face à la lecture comparativement à avant l’arrivée des récompenses.
-
(p. 188) L’erreur n’a pas le même statut dans la tête d’une personne ayant un état d’esprit fixe que dans celle d’une personne ayant un état d’esprit dynamique.
- État d’esprit dynamique («Je peux m’améliorer») –> L’erreur est une indication que je dois me concentrer plus et qu’il reste du travail à faire pour me perfectionner et m’améliorer.
- État d’esprit fixe («Je ne peux pas m’améliorer») –> L’erreur mène à un désengagement du cerveau
-
(p. 211) Les enseignants ayant un état d’esprit dynamique croient peut-être tellement en la capacité d’apprendre des élèves qu’ils négligent le rôle fondamental de la rétroaction dans l’apprentissage.
⭐ Citations étoiles
Avant-propos
- (p. 7) L’apprentissage [est] la cause de ce qui rend chacun unique. Nous sommes qui nous sommes grâce à ce que nous avons appris.
- (p. 11) Pour apprendre, il faut changer son cerveau et, plus spécifiquement, il faut changer ses connexions neuronales [neuroplasticité].
Introduction
- (p. 18) Apprendre, c’est changer la façon dont les neurones sont connectés les uns aux autres.
Chapitre 1: Activez les neurones liés à l’apprentissage visé
- (p. 23) Pour apprendre, il faut que le cerveau change et, pour changer, il doit s’activer.
- (p. 32) Apprendre, c’est changer ses connexions neuronales.
- (p. 38) Une étude («Impact de la présence d’un téléphone intelligent»: Ward et al. (2017)) montre que la simple présence de son téléphone portable dans la pièce réduit significativement les performances à une tâche d’attention et de mémoire de travail.
- (p. 40) Il est impossible d’accomplir deux tâches en même temps à son plein potentiel.
Chapitre 2: Activez le neurones à plusieurs reprises
Chapitre 3: Entraînez la récupération en mémoire
- (p. 81) Au lieu de dire à un enfant de se laver, de brosser ses dents et de ranger ses vêtements, on peut lui demander ce qu’il doit faire pour la routine du soir. L’enfant doit alors récupérer en mémoire les éléments et le séquençage de ces éléments
- (p. 82) La procédure de récupération en mémoire peut […] prendre du temps. Un enseignant, un formateur ou un parent devrait donc toujours laisser du temps après avoir posé une question.
- (p. 82) Quand l’apprenant cherche dans sa tête une information, il est préférable de ne pas intervenir. Lorsque le processus de récupération en mémoire est difficile, il laisse une trace plus importante dans les réseaux de neurones.
Chapitre 4: Élaborez des explications
- (p. 92) Se poser des questions à soi-même et élaborer des explications est bénéfique à l’apprentissage.
- (p. 105) ⭐ Dès qu’un doute subsiste quant à la vérité d’une explication, il faut arrêter l’autoexplication et chercher à vérifier ses explications.
Chapitre 5: Espacez l’activation des neurones
- (p. 139) Les activations répétées rapprochées ne contribuent pas autant à l’apprentissage que les activations espacées.
Chapitre 6: Maximisez la rétroaction
- (p. 143) Pour apprendre, il faut changer son cerveau.
- (p. 138) Le cortex préfrontal immature de l’enfant ne lui permet pas de tirer pleinement profit de la rétroaction négative autant qu’un adulte peut le faire.
- (p. 155) Il faut réussir et recevoir de la rétroaction positive dans un domaine pour être motivé.
- (p. 155) Il est assez clairement démontré que la récompense peut avoir, du moins temporairement, un effet bénéfique sur la motivation et l’apprentissage, mais que cet effet s’arrête lorsque la récompense cesse.
- (p. 156) Il est préférable de ne pas donner de récompense s’il existe déjà une motivation intrinsèque élevée pour la tâche à accomplir.
- (p. 165) Une rétroaction élaborée [plus efficace] consiste non seulement à dire si la réponse fournie est correcte ou incorrecte, mais aussi à expliquer pourquoi la réponse est correcte ou incorrecte.
- (p. 167) Si les activités proposées n’obligent pas l’apprenant à produire quelque chose, alors aucune rétroaction ne peut être fournie.
- (p. 170) Une […] technique étonnante pour améliorer facilement l’efficacité de la rétroaction est de prévenir qu’une rétroaction sera fournie.
- (p. 174) [Une règle générale à suivre avec les enfants]: Féliciter les bons comportements et ne pas accorder trop d’attention aux comportements inappropriés.
- (p. 174) ⭐ Bien que cela puisse sembler contre-intuitif, l’attention accordée à l’enfant, même si cette attention vise à fournir une rétroaction négative, peut avoir l’effet d’un renforcement positif: lorsqu’ils se font réprimander, les enfants reçoivent alors de l’attention de leurs parents, ce qui est une forme de renforcement positif.
- (p. 175) Comme le cerveau des adolescents réagit autant à la rétroaction positive que négative, un réel équilibre entre ces deux types de rétroaction devrait être visé à l’adolescence.
- (p. 179) Dire à une personne qu’elle est bonne ou pas dans un domaine n’est pas un type de rétroaction particulièrement efficace, car celle-ci n’est pas axée sur la tâche à accomplir et les stratégies pour y arriver.
- (p. 180) Donner un autocollant ou retirer un privilège à la suite d’un succès ou d’un échec n’est pas un type de rétroaction axée sur la tâche.
- (p. 180) Pour mieux apprendre, il faut […] dire si la réponse est correcte ou incorrecte, commenter le processus ayant mené à l’obtention de la réponse et interroger les stratégies de régulation mises en place pour s’assurer que le processus évolue dans la bonne direction à chaque étape.
Chapitre 7: Cultivez un état d’esprit dynamique
- (p. 187) ⭐ ⭐ ⭐ Apprendre, c’est changer.
- (p. 190) L’état d’esprit d’une personne face à sa capacité à s’améliorer se situe au sein d’un continuum allant d’un état d’esprit très fixe à un état d’esprit dynamique très élevé.
- (p. 198) Le rôle de l’erreur: Si l’erreur commise par l’enfant est perçue par le parent ou l’enseignant comme un outil essentiel permettant d’évoluer et de s’améliorer, il y a de fortes chances que cela influence positivement les interactions parent-enfant et développe un état d’esprit dynamique chez l’enfant.
- (p. 206) Pour changer d’état d’esprit, il faut […] savoir que tout le monde peut changer son cerveau.
- (p. 214) Traiter les erreurs et les échecs non pas come la confirmation d’un manque de talent ou d’intelligence, mais comme une indication qu’il reste du travail à faire pour s’améliorer.
- (p. 214) Il faut concevoir l’erreur comme un outil d’apprentissage.
- (p. 216) Il faut […] prendre bien garde de ne pas attribuer la réussite uniquement aux efforts.
- (p. 217) Il faut associer la réussite à des éléments sous notre contrôle, mais l’effort n’est qu’un de ces éléments.
- (p. 217) Si un échec est rencontré, il faut d’abord blâmer le manque d’effort ou l’utilisation de stratégies inadéquates, deux éléments sur lesquels il est possible d’avoir un certain contrôle.
- (p. 218) L’un des rôles les plus importants des parents, des enseignants ou des formateurs: proposer de nouvelles stratégies pour sortir de l’impasse.
Conclusion
- (p. 223) L’apprentissage est sans aucun doute l’un des aspects les plus importants de notre vie. […] Il conditionne en bonne partie qui nous sommes aujourd’hui et qui nous deviendrons demain.